La thérapie par le voyage

La thérapie par le voyage

Le voyage nous invite à l’évasion, à la découverte, au rêve et pour certains il devient même une véritable thérapie. Nous aimerions partager avec vous trois témoignages qui évoquent les vertus du voyage et comment le fait de découvrir de nouveaux horizons permet de rallumer une petite flamme, de se faire accepter tel que l’on est ou même encore de devenir une alternative aux médicaments.

 

Marcher pour s’en sortir


La marche a permis à Bernard Ollivier, journaliste et écrivain, de sortir de ses idées noires lors de l’âge de la retraite. Athée et marcheur occasionnel, il décide de se lancer dans le long périple du pèlerinage, à pied, de Saint-Jacques-de-Compostelle. Il y rencontre le patron d’une auberge qui lui explique que deux prisonniers belges effectuent la même démarche que lui, condamnés par un juge « à faire Compostelle ». 


Marqué par cette expérience et convaincu que la marche peut aider pour s’en sortir, il fonde en mai 2000, l’association Seuil. Cette association accueille des mineurs en grande difficulté, bien souvent menacés d’incarcération pour délinquance. Il leur propose une marche avec un adulte à l’étranger. En 3 mois, ils effectuent entre 700 et 2.000 km en marchant 25 km par jour, sans téléphone portable, sans musique. 


Bernard Ollivier décrit cette expérience en 3 actes, comme une pièce de théâtre : « Le premier mois, c’est la souffrance et le refus. Ils doivent apprendre à se dépouiller, eux qui sont tellement attachés aux choses matérielles. Le deuxième mois, ils commencent à s’ouvrir au monde. Le troisième mois, ils ont changé leur image à leurs propres yeux et sur le monde. »


 Pour ces jeunes, c’est une ouverture formidable sur le monde. Ils partent seul avec un adulte et ils découvrent que les adultes les prennent au sérieux. Ils sont fiers. « Quand je suis parti j’étais un blaireau, depuis que je suis revenu, je suis un héros. » - témoigne un jeune participant. 
Au terme du voyage, une orientation scolaire ou professionnelle leur est proposée. « En prison la récidive de ces jeunes la première année est de 85 %. Avec notre programme, nous ne rencontrons que 15 % d’échec » témoigne Bernard Ollivier.


« Ces jeunes de banlieue qui n’ont aucune connaissance de la nature et qui découvrent tout à coup les paysages vont acquérir une résistance et une force physique et mentale fabuleuse. » Bernard Ollivier

Marche pour s'en sortir

 

Découvrez les livres de Bernard Ollivier :

 

Josef Schovanec, autiste voyageur


Docteur en philosophie et en sciences sociales, chroniqueur sur La Première de la RTBF, Josef Schovanec fût diagnostiqué autiste à l’âge de 21 ans.
Considéré par erreur comme schizophrène, il a été maintenu sous camisole chimique pendant des années et maintenu enfermé dans sa chambre pendant des mois. 

« Pour moi il y a quelques années, le grand voyage, c’était de parcourir trois stations de bus », explique-t-il. « Je n’étais pas prédestiné au voyage. On n’est pas censés voyager quand on est une personne handicapée en France. Et bien moi je suis parti ! »


Josef Schovanec explique comment fonctionne sa thérapie du voyage : « Oubliez toutes les villes branchées, là où il faut aller pour être une sardine de plus parmi les sardines. Le voyage ne vaut que s’il porte un risque au cœur de l’être. Le voyage est un long apprentissage, il faut se sentir un peu mal à l’aise avant le voyage. C’est comme cela que l’on peut progresser. »


Pour lui, les voyages sont efficaces pour guérir les petites névroses et les grandes névroses de la modernité. « Je suis allé dans les zones tribales du Baloutchistan, ce lieu est peut-être l’un des plus les plus perdus du au monde. Et c’est là, parmi les nomades, en zone dite terroriste, que j’ai été le mieux accueilli. C’est là où je n’étais plus autiste. »


En voyage, il conseille de se libérer des illusions mais surtout de lever les barrières de la zone de confort. « Le voyage est là pour nous transformer. Le voyage est un long professeur. » dit-il. 


« Lorsque les barrières auront été levées, restera ce que nous avons en commun, que l’on soit nomade du fond des déserts ou , citadin de l’extrême occident : à savoir, notre commune humanité. »

 

Le voyage comme thérapie


Découvrez les livres de Josef Schovanec :

 

Le voyage, alternative poétique aux médicaments


En France, une maison de repos située à Valenciennes propose à ses résidents atteints de la maladie d’Alzheimer un remède particulier : partir en voyage !
Les personnes touchées par cette maladie ont la fâcheuse tendance de prendre la poudre d’escampette. Afin de les apaiser et de diminuer leur état de frustration, ils ont mis en place la thérapie du voyage au sein de l’établissement.


Une salle a été aménagée en hall de gare. Le décor est planté : banc, horloge, valises, guichet, faux wagon, … Le résident est invité à mettre son manteau et à venir s’assoir dans le wagon afin d’admirer les paysages qui défilent …. sur un écran plat. Il part ainsi en escapade en toute sécurité. 


Cette initiative poétique a été proposée en Italie il y a quelques années et a inspiré les soigneurs de la maison de repos. Et cela donne des résultats ! 
RTL France a réalisé un reportage dans cet établissement et récolté le témoignage de Sébastien Galio, infirmier référent du projet : «On a une résidente qui déambule beaucoup, à peu près dix kilomètres par jour. Pour elle l’effet de la thérapeutique a été, dès le jour même, de diminuer sa déambulation de pratiquement 40%. »


Cette initiative révolutionnaire est même devenue une alternative aux médicaments. En Italie, sur cent patients suivis, le médecin a constaté une baisse de 40% des traitements médicamenteux.


Découvrez le reportage de RTL >

 

Le voyage, alternative poétique aux médicaments